22 mars 2020

Raconter les voyages et être soi


pureté - monténégro
Raconter les voyages, peut-être, une fois.

J'aime les récits de voyage (1). Ceux qui réussissent à écrire les ambiances, qui ont un style particulier et disent la beauté des lieux (on voit un ruisseau, une plaine et une église. L'écrire est différent de le voir, l'écrire est lent et prend le temps de considérer chaque chose individuellement alors que l'oeil englobe tout). On en vient à envier ceux qui font ces récits et nos propres voyages nous semblent soudain moins légitimes : pas assez aventureux, pas assez exceptionnels. 

Mais on oublie que ces récits sont imagés. Que l'écrivain, s'il reste sincère, a tu ou transformé des informations, parce que le but n'est pas l'exactitude mais le récit : transporter le lecteur, l'emmener vivre dans des contrées qu'il n'a jamais parcourues jusqu'à ce qu'il ait l'impression d'y être allé et qu'il en ressorte changé.

21 mars 2020

Notes de réclusion

bord de ma fenêtre

✢ Les paysages n'ont pas de frontières.

✢ La poésie brute de la terre qu'on mélange avec les mains.

✢ Je veux des rires et des sourires, des yeux dans les yeux, des couchers de soleil et ces impressions étranges et si belles. Je veux le bonheur, la flamme, la vie, la liberté.

01 mars 2020

Etrangeté qu'il n'existe pas de temps vide



Il n'existe pas de temps vide pour l'homme
pas de temps où on ne fait rien, une semaine dans l'an pour n'être que vivant et hibernant
sans le monde qui tourne autour de nous rester couchés sous la couette sous les arbres sous le ciel
rêver et dormir, oublier qu'on est humain et simplement vivre,
régénérescence
un temps pour soi, vide de tout et plein de rien,
juste vivre et faire une pause.

Il n'existe pas de temps vide
pas de temps où on peut suivre son instinct
sourire au soleil nager dans la rivière
l'oiseau vole et toi tu t'étioles
immense, comme une peau de chagrin.

20 janvier 2020

Prologue d'une pièce de théâtre que j'écris


Voici le prologue d'une pièce de théâtre que j'ai commencée à écrire, comme ça, une envie soudaine.
C'était une étrange impression que de sentir les mots couler sereinement et fluidement de mon cerveau jusqu'à mes doigts, retranscrits sur l'écran. Vraiment aucun effort. Une sorte d'inspiration pure. Je n'avais rien préparé, rien pensé. Ça venait juste.
J'aime cette magie, oui, magie, juste les doigts qui tapent et les mots qui arrivent merveilleusement arrangés (selon ce que j'aime). Tout mon être est tendu vers l'écriture, vers cette nécessité (oui María, j'ai réfléchi à Rilke et je peux affirmer que l'écriture m'est nécessaire ; je n'ai pas eu besoin de penser longtemps), et quel bonheur à la libération !

noir - par ioulia

17 janvier 2020

Jeudi, 12h45, Jardin des Plantes, Inventaire

une migration d'oiseaux sauvages, une fois, un autre jour vers la rivière

Douce est la plume sur le papier.

Sons
L'eau qui tombe, des mésanges, cris d'ados, voitures au fond que j'aimerais ne plus entendre, vent dans les bambous.

Visions
Les moucherons qui tournoient ensoleillés sous les feuilles dorées, l'eau lente avec un peu de mousse, les bambous si nets et leur reflet changeant, miroir d'une tourelle que j'imagine être un des lieux d'allumage des feux du Gondor, un merle au loin, les barrières en bois enchevêtrées dans les plantes ou seules, solides,
et toujours
toujours
la lente glissade de l'eau vers un autre chose.